23 oct. 2014

SOOOOOOOO SO SO SHOES !

Bottine Angel by Gordana Dimitrijevic

Je peux écrire sans mentir que j'ai fait partie des premières personnes à recevoir, en main propre s'il vous plait, le nouvel opus d'Isabelle Thomas et de Frédérique Veysset : So Shoes, la botte secrète de l'élégance française, publié aux Editions de la Martinière. Et comme il semble promis à un bel avenir éditorial, puisqu'en tête des ventes de la Fnac, il est plus que temps de vous en toucher quelques mots. 

Les lectrices de You're So French! y retrouveront ce savoureux mélange de conseils stylistiques indispensables à toutes passionnées (oui, on peut les cuissardes, être chic en baskets, trouver escarpin à son pied et oser les souliers glitzy), de portraits de créateurs connus et moins connus, de rappels historiques sur l'histoire de la chaussure et des formes, de bonnes adresses, sans oublier toutes ces femmes, amoureuses de souliers, photographiées par Frédérique Veysset et les jolies illustrations de Clément Dezelus.

Un régal plein d'humour aussi, que j'ai dévoré d'une traite. Si vous aimez les shoes, vous allez l'adorer !
Quelques-une de mes paires... 

Conséquence immédiate, j'ai sorti de leur boite quelques-unes de mes paires de chaussures pour les bichonner, les réessayer, me demander si j'allais toutes les garder, sachant pertinemment qu'il me serait difficile de m'en séparer. Certaines viennent de créateurs qui ont depuis cessé leur activité, d'autres, comme ces Clergerie ou Charles Jourdan sont quasi des objets de collection. Il manque quelques trésors comme ces escarpins de Tokyo Kumagaï, ceux de Beth Levine, ou encore Isaac Miller.

Vous avez dit shoes addict ?

Dans la boutique de Fred Marzo / bottine Fred Marzo

So Shoes again, présenté dans la boutique du créateur Fred Marzo, dont nous apprécions toutes l'élégance, la délicatesse et la finesse.


Je suis plutôt du genre discrète mais je ne peux pas non plus nier que ce remerciement des auteurs m'a fait chaud au coeur. Reconnaissance de ma petite contribution à ce beau projet, il me rappelle la raison pour laquelle j'ai créé ce blog il y maintenant sept ans. Cet envie et ce désir de partager ma passion pour cet accessoire, "point final de l'élégance" comme dirait un bottier que j'ai la chance de côtoyer, son histoire, ses maîtres en la matière, les nouveaux créateurs, les souliers insolites et ceux qu'il nous faut absolument, sans raison si ce n'est le coup de coeur absolu. Bref, cet accessoire qui nous porte, nous transporte, nous transforme, nous sublime, nous rassure. Qui parfois nous fait mal sans que l'on puisse réellement lui en vouloir. Ou nous fait faire des folies car c'est ainsi que nous sommes, les amoureuses de souliers.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

16 oct. 2014

LARARE VOUS INVITE A SON ULTIME VENTE PRIVEE (17, 18 ET 20 OCTOBRE)


Entre Larare et moi c'est une longue histoire racontée en partie ici. Ou encore une histoire qui a commencé comme celle d'une blogueuse shoes rencontrant une créatrice de souliers et qui s'est transformée en amitié. Depuis, j'ai partagé beaucoup de choses avec Nathalie Elharrar et ça continue. L'aventure de Larare bien sûr, qui est pour le moment mise en sommeil suite à un fabricant qui l'a plantée (ça arrive malheureusement régulièrement) et du besoin de prendre de recul par rapport aux difficultés d'être créateur indépendant dans l'industrie du luxe. Et l'aventure Jour Férié Paris (vous en saurez plus à la fin de ce billet).

Car pour l'instant, ce qui nous intéresse c'est la vente destockage de souliers Larare qui débute demain jusqu'à lundi prochain et qui propose des modèles des collections hiver et été et quelques prototypes, de 50 à 80% du prix public. Il y a bien évidemment des paires de souliers sublimes, aux talons vertigineux, d'une "outrageuse féminité" comme elle le dit si bien, mais aussi du plat.

: dans le showroom éphémère au 7 rue Martel 75010 Paris, de 14h à 20h.



Je ne résiste pas, une fois encore, à vous dévoiler ces sandales Annika de Larare que j'adore et que je bichonne pour pouvoir les porter étés après étés.

Crédit photo : Michel Bousquet

Dans ce showroom éphémère, vous pourrez aussi découvrir la première collection P/E 15 de Jour Férié Paris, la nouvelle aventure shoesque de Nathalie Elharrar, petit frère désinvolte de Larare.

Une collection mixte de 7 modèles issus du vestiaire masculin, dans des matières plus souvent utilisées pour le soulier féminin : agneaux moelleux, veaux velours souples et des serpents en rayures tennis, le tout dans des coloris joyeux, en uni, bicolore ou tricolore. Des "dandy shoes" pour hommes et femmes, d'un confort absolu grâce à leur montage Sachetto (connu initialement pour la fabrication des ballerines souples) mais néanmoins solide car associé à une couture Blake. Ça c'est pour la partie technique et savoir-faire, pour l'état d'esprit, le nom de la marque le résume parfaitement bien !

Je vous invite donc à passer au showroom. Vous y serez bien reçu et vous aurez ainsi l'occasion de faire connaissance avec une créatrice, dont la culture, le talent, la créativité et la générosité ne cessent de me surprendre. Bonne journée !

Showroom Jour Férié Paris / vente Larare
7 rue Martel 75010 Paris
les 17, 18 et 20 octobre.
de 14 à 20h

14 oct. 2014

PLUTOT TRENCH / COAT OU TRENCH AND COAT ?


Si vous lisez le blog de Deedee, Mode Personnel(le) ou The Brunette, vous avez déjà entendu parler de Trench and Coat, une nouvelle marque de manteaux et trenchs (mais aussi des blousons, cabans, duffle coats, doudounes et parkas), qui s'appuie sur les valeurs et les savoir-faire de la maison Lener Cordier. Cette maison française existe depuis 1954 et conçoit depuis 60 ans des manteaux de qualité, aux belles finitions et matières, dans son atelier d'Hazebrouck. Il est d'ailleurs fort probable que vous ayez sans le savoir un manteau fabriqué par Lener Cordier car la liste des marques de prêt-à-porter avec lesquelles la maison travaille est impressionnante.

Si je vous en parle aujourd'hui c'est un, parce qu'on ne peut nier que nous sommes bien en automne et deux, parce que Trench and Coat vous propose jusqu'à demain 16h une vente privée dans son showroom parisien. Désolée pour mes lectrices de province. Ceci étant, tous les modèles de Trench and Coat sont - en dehors de ventes privées - vendus exclusivement sur leur site, ce qui permet à la marque de pratiquer des prix tout à fait raisonnables au regard de la qualité de ses modèles (entre 99 et 249 euros).


Cintré, oversized, boyish, classique, coloré... il y a forcement un modèle fait pour vous. Invitée à la soirée de présentation de la collection début septembre, plusieurs modèles m'ont tapé dans l'oeil. Et même si j'ai ressorti mes manteaux de l'hiver dernier en me disant qu'ils feront encore bien l'affaire, je me laisserais bien tenter. On a jamais assez d'allure et assez chaud !




Et début novembre, Trench and Coat vous offrira la possibilité de customiser un manteau en choisissant la longueur, la forme du col, la doublure... bref, de concevoir votre manteau pour cet hiver.

Vente Privée Trench and Coat
Mercredi 15 octobre de 9h à 16h
Showroom Lener Cordier
17 rue d'Aboukir 75002 Paris


Page Facebook Trench and Coat

JACQUES ET DEMETER : DE BEAUX SOULIERS MADE IN FRANCE


Un billet pour vous messieurs, ça change un peu. Pour les amoureux des beaux souliers et qui ne connaissent pas encore Jacques et Déméter, je vous invite à visiter leur site et à découvrir leur engagement en faveur du maintient en France d'une production et d'un savoir-faire de qualité. 

Je connais ce duo animé d'une réelle passion (ceci étant pour créer des souliers il faut être passionné sinon c'est foutu) et d'une exigence certaine depuis leur début. J'ai suivi leurs déboires inhérents à tous ceux qui démarrent. Mais leur détermination a fini par payer. La production est assuré dans un excellent atelier de Cholet et le cuir veau pleine fleur provient des tanneries du Puy et Degermann qui fournissent des maisons telles que J.M Weston.

Pourquoi je vous en parle aujourd'hui. Parce que pour continuer à produire leurs collections, Jacques et Déméter ont lancé une campagne de financement participatif sur Ulule et qu'elle se termine dans quatre jours. C'est peu mais suffisant pour vous laisser séduire par un de leurs modèles et l'acquérir à un prix fort raisonnable compte tenu du fait que la qualité du cuir, du montage et de la fabrication dureront plus qu'un saison. 





Vous en saurez plus ICI.

Soutenez la création française et pensez aussi à vous abonner à leur newsletter. Elle fourmille de bons conseils et d'informations sur les souliers, leur fabrication, les matières, l'entretien...

7 oct. 2014

MENUDIER X ERAM : DATE WITH THE NIGHT (AND DAY)


Y'a des collabs dont j'évite de parler parce que bon, sans réel intérêt, donc pourquoi perdre son temps et le votre. Et puis il y a celles qui font pétiller l'oeil, qui titillent la plante des pieds et chatouillent le talon d'Achille. Celles qui relèvent d'une vraie rencontre entre un créateur et une marque et en l'occurrence avec la collection Ménudier pour Eram, une histoire de chausseurs. 


Je ne suis pas fan absolue des vingt modèles de chaussures et sacs mais j'adore ce talon trompe-l'oeil en plexiglas, que ce soit pour cet escarpin en vernis noir que pour la bottine en vachette façon poulain ci-dessous. 


Surtout la bottine, parce qu'il est temps de ranger ses chaussures d'été et d'entrer avec style dans l'automne ! 


Rodolphe Ménudier connait son métier. Collaborateur pour des maisons comme Chloé, Balenciaga, Chanel, Paco Rabanne, Christian Lacroix ou Dior par John Galiano, tout en ayant sa marque en nom propre, il a toujours su mêler inventivité et sophistication avec un esprit néopunk et un travail sur les les lignes et formes que l'on retrouve dans cette collection, avec les imprimés panthère ou zèbre, les noeuds à petits clous et cette semelle intérieure en cuir jaune sulfure, clin d'oeil à la couleur emblématique d'Eram.


Les indispensables du shoesing féminin sont là : de la basket à l'escarpin aux talons fins de 10,5 cm en passant par les bottines aux talons plus massifs ou biseautés, les kitten heels ou la rangers. Pour celles que les imprimés effraient, des versions plus sobres existent en noir mais avouez que ce serait dommage de se priver de cette touche de fantaisie un brin impertinente.




Avec des prix allant de 99 à 169 euros, vous connaissez la devise... alors oui, pourquoi dépenser plus quand les deux font une aussi belle paire. Et surtout pourquoi résister à cette vision d'amazone urbaine concoctée avec talent par Rodolphe Ménudier.

A découvrir dans les boutiques Eram et sur l'espace Ménudier pour Eram du e-shop. 

24 sept. 2014

VENTE PRIVEE THOMAS LIEUVIN - SAVE THE DATE

En juillet, suite à mes repérages au Who's Next, je vous disais que je reviendrais sur Thomas Lieuvin, ce jeune créateur de souliers féminin que j'apprécie beaucoup. 

Et puis récemment Isabelle, dans le portrait que lui a consacré Shoeista, déclare préférer de loin avoir une paire de Thomas Lieuvin que de Louboutin et je partage tout à fait ce désir. Qu'il sera possible d'assouvir lors de sa prochaine vente privée les 9, 10 et 11 octobre prochain.


Au risque de me répéter, j'admire beaucoup son travail sur les lignes, ses propositions, son sens du détail, ses mélanges de matières luxueuses et ses choix de couleurs. 




Escarpins, sandales et bottines, de 90 à 250 € dans la limite des stocks disponibles, vous attendent au showroom ADC, 76 rue Quincampoix 75003 Paris. Pour les jours et heures d'ouverture, c'est ICI.

Bon shopping entre copines parce que ce plaisir est à partager !

18 sept. 2014

EXPOSITION MAPPLETHORPE - RODIN : DERNIERS JOURS !!!


J'aurais dû vous en parler avant mais bon, c'est comme ça. Il vous reste trois jours. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est largement assez pour vous rendre au musée Rodin et y visiter cette belle exposition qui confronte deux formes d’expression - sculpture et photographie - et fait dialoguer deux artistes majeurs à travers leurs oeuvres. 

50 sculptures de Rodin et un ensemble de 102 photographies de Mapplethorpe, dont les thèmes et sujets se répondent de manière surprenante, alors qu’à priori les personnalités et recherches de ces deux artistes semblaient plutôt les opposer.

Si comme moi vous avez loupé l’exposition Mappletorpe au Grand Palais, c’est l’occasion d’y admirer une belle sélection de photographies. Et la confrontation avec les sculptures de Rodin enrichit singulièrement la vision que l’on a de ces deux oeuvres.

Les commissaires d’exposition ont retenu sept thèmes servant de fil rouge aux rapprochements, à la fois formels, thématiques et esthétiques. En voici quelqu’uns (je ne vais quand même pas tout vous montrer) et surtout, vous ne goûtez pas ici à la scénographie et mise en résonance des oeuvres.

Le Drapé
Le Drapé

Erotisme et Damnation

Introduction

Noir et Blanc / Ombre et Lumière

Noir et Blanc / Ombre et Lumière

Le goût du détail

Le goût du détail

Faites un saut dans le 7ème ce week-end, vous ne le regretterez pas !

Musée Rodin 
79 rue de Varenne 75007 Paris 
Du mardi au dimanche de 10h à 17h45

4 sept. 2014

COLLAB BARONS PAPILLOM X EKCELI (ET CONCOURS)

Encore un oeil me direz-vous, quel signe dois-je y voir ??? Car cette plume de mini-paon du Morbihan sélectionnée par la créatrice de l'atelier Ekceli et brodée sur la Barons, basket de ville emblématique de la marque Barons Papillom, pourrait aussi me faire de l'oeil... 


Flashback. C'est en septembre l'année dernière que j'ai rencontré sur le salon Le Cuir à Paris, Marie Berthouloux, créatrice de l'atelier d'art Ekceli. Elle présentait, sur l'espace Bespoke du salon, son travail de broderie et transformation des matières, ainsi que deux modèles de baskets de ville Barons Papillom brodés. Je ne crois pas que cette première collaboration ait été jusqu'à la commercialisation mais ce n'était donc que partie remise puisque voici le fruit de leur nouvelle collab.


Voici donc la Barons, modèle original de Barons Papillom, avec son scratch arrière à 180°, exclusivité de la marque, qui permet de la mettre et de la retirer en un clin d'oeil. Ça c'est pour le côté pratique. 

Ekceli y a brodé ces jolies plumes de paon au point de Boulogne et j'aime beaucoup le résultat. Reste à assumer le cuir métallisé champagne, mais en période automnale voire hivernale nul doute qu'il réchauffera allègrement nos tenues les plus sombres (pour ne pas dire humeurs).


Et la version en toile Neuville rebrodée au point de croix avec du fil mercerisé fluo. Les deux modèles sont en vente sur l'e-shop de la marque.

Et comme il y a le mot concours dans le titre, vous avez jusqu'au 15 septembre pour jouer et tenter de gagner une paire Barons Papillom x Ekceli grâce au salon  Le Cuir à Paris et ça se passe ICI.

Je vais aller tenter ma chance !

3 sept. 2014

OH ROY ! OH OUI ! MERCI PIERRE HARDY

Je vois fleurir partout des résolutions pour la rentrée, drôle d'idée. Déjà qu'il faut se remettre dans le bain du travail après une saine déconnection estivale alors en rajouter une couche avec des résolutions qu'on se sent obligé de suivre, non merci.

Ceci étant dit, je dois avouer n'avoir pas totalement lâché l'iPhone et les visites régulières sur différents réseaux sociaux. Résultat des courses, je suis tombée un jour sur ces deux photos postées sur le compte Instagram Pierre Hardy News et patatras. Moi qui n'avait pas de désir de shoes particulier pour cette rentrée, voilà que ces escarpins Oh Roy ! de Pierre Hardy m'ont non seulement tapé dans l'oeil (forcement), mais se sont aussi insidieusement transformés dans mon cerveau en accessoire hautement désirable.

http://instagram.com/pierrehardynews
http://instagram.com/pierrehardynews


Oh Roy ! c'est le cas du soulier auquel on ne s'attend pas. Dont la créativité, l'humour, la légèreté et la perfection des lignes vous donnent immédiatement envie de les posséder et de les porter. Je suis tombée sous le charme de cet oeil de biche en patchwork de daim et poulain et rarement un talon de 4cm ne m'est apparu plus approprié (même s'il existe aussi une version sandale avec talon de 10cm). 

Je remercie donc Pierre Hardy pour ce plaisir des yeux. L'avenir (et les contrats à venir) diront si ces Oh Roy ! rejoindront un jour ma collection de souliers, ceux qui traversent le temps et dont je ne me lasse pas. 

29 août 2014

MES SHOES DE L'ETE

Baskets Groundfive / Compensés Soka / Espadrilles Jancovek / Sandales Larare

J'ai donc passé l'été avec cinq paires de chaussures car entre la garde-robe d'été à transporter jusque dans les Hautes Alpes et les chaussures, il a bien fallu choisir. Quelques douleurs liées à des hallux valgus aux pieds et le port de semelles orthopédiques ont par ailleurs simplifié les choses. Je m'en passerais bien mais n'y peux rien.



J'ai pourtant dérogé au port prohibé des talons avec les compensés de Soka qui se marient très bien avec toute ma garde robe estivale.

Qui dit été dit aussi espadrilles, enfin pour moi. Celles de cet été sont arrivées un jour dans ma boite aux lettres en contrepartie de ma participation à la campagne de crowdfunding du Soulier à la Française de Jancovek. Il est évident qu'elles ont bien servi...

Quant à la paire de Kalash de Groundfive, je ne sais plus trop depuis combien de temps je les porte mais elles sont super confortables et acceptent même le port de la jupe.

Anika by Larare

Mais parmi celles-ci, j'ai une affection particulière pour ces sandales Anika de Larare. C'est le cinquième été que nous passons ensemble alors je les bichonne tant elles sont parfaites.

Baskets Quechua

Je l'avoue, je n'aurais jamais imaginé porter un jour une paire de Quechua. Et pourtant, quand on est dans une région montagneuse et qu'il est vital de soulager ses pieds avec des semelles orthopédiques, il n'y a pas mieux. Vous noterez quand même que j'ai opté pour une couleur vive histoire de donner du peps à tout cela.

Je n'en suis pas encore à imaginer celles qui vont les remplacer pour l'automne (sans songer à l'hiver). Wait and see.

Et vous, quelles ont été vos chaussures de l'été ?

27 août 2014

LES NUAGES DE SILS MARIA


En cette dernière semaine d'août, qui sent la fin des vacances et le retour, petit à petit, au travail, deux billets publiés sur les blogs de Café Mode et Doucement le matin m'ont donné envie de revenir sur le très beau film d'Olivier Assayas, Sils Maria, vu la semaine dernière.

L'une parle du visage de Juliette Binoche, l'autre de son rire, parce que ce rire est un tel plaisir à attendre. Il éclate littéralement, sans retenue et illumine tout son visage. C'est un rire de terrienne, puissant et communicatif. Un rire généreux et sans fard à l'image du travail de l'actrice. 

Photo Carole Bethuel

Ça faisait longtemps aussi que je n'avais pas eu envie de revoir un film. 

De retrouver ce visage, miroir des émotions qui traversent le personnage de Maria Anders, actrice de renom fragilisée par la mort du dramaturge qui l'a découverte vingt ans plus tôt et qui accepte néanmoins de jouer dans une nouvelle mise en scène de la pièce qui lança sa carrière, mais dans le rôle cette fois d'Helena, la femme de 40 ans. Une femme d'entreprise à la vie bien rangée qu'une jeune femme libre, frondeuse, rebelle et sans états d'âme va pulvériser et bouleverser jusqu'à l'abandon et la mort. Avoir été Sigrid et accepter d'incarner Helena avec tout ce que cela comporte de douleurs, de frustrations, de difficultés et de danger. 

Photo Carole Bethuel

Et de savourer encore le merveilleux duo que forme Juliette Binoche et Kristen Stewart, qui m'a bluffé par sa présence, l'intelligence et la finesse de son jeu, dans ce rôle d'assistante personnelle, personnage de l'ombre mais au coeur de l'intimité de celle qu'elle assiste. Sacré boulot soit dit en passant. 


Je suis de la génération de Juliette Binoche, je me souviens de Rendez-Vous d'André Téchiné ou de son interprétation de Nina dans la Mouette de Tchekhov et je n'ai jamais vu Twilight. Mais je ne suis pas prête d'oublier Kristen Stewart dans ce rôle de Valentine, de son très beau timbre de voix et de son visage aussi. 

Photo Carole Bethuel

Sils Maria est une réflexion subtile sur le métier d'actrice, sur le temps qui passe inexorablement, sur la confrontation entre deux univers cinématographiques, entre deux générations d'actrices - une Maria Anders/Juliette Binoche ancrée dans la culture européenne malgré une carrière hollywoodienne et une Jo-Ann Ellis/Chloé Grace Moretz, jeune star d'Hollywood qui gère sa carrière, ses dérapages, ses amours, ses rehabs, les paparazzi et tout ce qui circule sur elle sur Internet avec maitrise et sans froid.

C'est aussi la beauté immuable de la nature, celle des Alpes suisses et du village de Sils Maria. Et de ce phénomène météorologique de Maloja Snake, nuages qui s'engouffrent dans le col de Maloja et se déversent tel un serpent sur toute la vallée. C'est à la faveur de l'apparition de ce serpent nuageux que le personnage de Valentine disparaît, renonçant à ce rôle d'assistante devenu de plus en plus pesant au fur et à mesure des répétitions de la pièce et de la peur qu'inspire à Maria Anders ce personnage d'Helena qu'une part d'elle-même refuse d'incarner. 



La dernière scène entre Maria Anders et Jo-Ann Ellis avant la première de la pièce à Londres m'a fait penser à All About Eve de Joseph L. Mankiewicz. Autre grand film où une actrice de 40 ans se voit supplanter par une jeune femme ambitieuse qu'elle avait pris sous son aile comme assistante personnelle.

Sils Maria se clôt de manière plutôt abrupte sur le visage de Juliette Binoche avant le lever du rideau. Ce fameux visage aux multiples expressions et émotions à fleur de peau. Et pendant que se déroulait le générique de fin, j'entendais résonner le rire tonitruant de Juliette Binoche, un rire bien vivant défiant le temps qui passe.