10 déc. 2007

Galliera, Les Années Folles 1919 - 1929

"Elle achevait de passer une robe du soir, - une de ces amples tuniques qui se drapent d'elle-mêmes, en plis souple, sur la ligne du corps.
- J'aime ça! dit-elle. Ce qu'on est à l'aise! On se croirait nue, et c'est aussi chaste qu'une robe grecque."


Ainsi parée, enveloppée dans un manteau à l'étoffe souple bordé de fourrure, chaussée de Salomé aux talons incrustés de strass, le femme de 1925, mariée ou non, financièrement à l'aise (on ne s'habille pas chez Poiret, Chanel, Vionnet, on ne se chausse pas chez Perugia sans avoir des revenus, ou un protecteur!), court les théâtres, les cabarets, les restaurants, s'enivre de champagne et vit au jour le jour.


C'est en tout cas l'image véhiculée par les films, les romans, la publicité. C'est celle que l'on en a, on les appelle les Années Folles, et elles me font rêver. Cette courte période, de 1919 au krach boursier de 1929, m'a toujours fasciné par sa créativité, ses innovations, cette frénésie de vivre, ces excès. Tout ce qu'elle a permis et libéré comme énergie créatrice.

Ostende, oct. 1925. Collection Jimmy Cash

Après avoir vu deux fois l'exposition du musée Galliera, je me suis replongée dans ces années-là. 24 heures de la vie d'une parisienne élégante, voilà ce que l'exposition nous propose, ou comment la mode suit l'émancipation des femmes, la libération des corps après quatre années de guerre, comme pour en conjurer l'horreur.

Etant mono-maniaque, tout est parti des souliers. Même si la robe Delphos de Mariano Fortuny, tout en plissé ondulé, m'a fait chavirer. Et d'autres encore, et les manteaux, les tailleurs, les accessoires, tout est magnifique.

Necht & Frater. Escarpins du soir vers 1924. Chevreau doré gravé de dessins géométriques. Dessus du pied ajouré et garni de noeuds verts laqués.
Don de Madeleine Vionnet.
Hellster & Sons. Soulier à bride vers 1920. Décor de marqueterie en cuir noir, talon facetté en métal argenté.


Les grands couturiers qui ont saisi l'air du temps, libèrent le corps de ses entraves, le dénude, les vêtements se font fluides, les jupes et robes raccourcissent, et les souliers devenant visibles sont assortis aux étoffes et s'ornent de strass et de détails.

N. Greco. Charles IX en satin rose fuschia, application de fines bandes et de pastilles de cuir doré, barette en strass et verre coloré.

Cette femme moderne roule en voiture, casquée, parfois écharpe au vent, ce qui fut fatal à Isadora Duncan.


"Coiffée d'un béret de cuir rouge, le cou nu dans le manteau dégrafé, elle conduisait avec une décision attentive, si joliment garçonnière (..) Oui, tout de même, il y avait là une nouvelle réalisation de la grâce féminine! Un être encore singulier, quoique naissant par milliers d'exemplaires, et avec lequel il fallait dorénavant compter, comme avec un égal...".

Extraits tirés de La Garçonne, de Victor Margueritte, Flammarion, 1921.

Mais qu'en est-il des souliers?

If by any chance you're in Paris go to the fashion museum Galliera and take a look at the exhibition dedicated to the Roaring Twenties - 1919-1929. I'm sorry for the link in french, I just can't believe that they don't translate in english this kind of informations. Anyway, it's until the 29th February 2008. And the exhibition is worth a visit. Organized around 24 hours of an elegant parisian woman in the twenties, you can see beautiful clothes for night and day, designed by Paul Poiret, Chanel, Madeleine Vionet, and shoes by Perugia and other unknown shoemakers, fitting perfectly the style of the modern woman. In Paris she was dubbed "une garçonne", in the United States she was a "flapper".

"Shortly after the closing shots of World War I, the word came to designate the young women in their teens and twenties who subscribed to the libertines principles that writers like F. Scott Fitzerald and actresses like Clara Bow popularized in print and on the silver screen. (..) by the early 1920s it seemed that every social ill in America could be attributed to the "flapper" - the notorious character type who bobbed her air, smoked cigarettes, drank gin, sported short skirts, and passed her evenings in steamy jazz club, where she danced in a shockingly immodest fashion with a revolving cast of male suitors."

Like Louise Brooks who was fired from the Denishawn Company by Ruth St. Denis because of her way of life. At he age of seventeen she was living alone at the Algonquin, watching from afar Dorothy Parker and her vicious circle.

So what about the shoes?

"Hemlines had risen during the years of the war and the new simpler cut of women's clothes gave shoes an even greater prominence. (..) As hemlines rose towards the knee, shoes and stockings became focal points of fashion."

1924-1927: "New range of footwear captivated the public eye and designs changed radically from one season to the next. Although the bar shoe prevailed, "low-cut" Oxfords with slender, tapering heels became increasingly fashionable for day as well as evening wear. Daring colour combinations and bold decoration also created new and striking effects, particularly when worn for dancing. Colourful beadwork completed the beaded fringes on evening dresses, and gold kid ornamented with distinctive motifs reflected the vogue for "Oriental" designs." Besides, "The growing popularity of sports, and women's more active participation in them, increased demand for comfortable, stylish footwear. By the late 1920s sporting dress had entered the realm of haute-couture and flat, lace-tied shoes, appeared in Vogue magazine alongside more formal high-heeled designs."

Sources:
- Flapper (a madcap story of sex, style, celebrity, and the women who made america modern), by Joshua Zeitz, Crown Publishers, NY, 2006.
- Shoes by Lucy Pratt and Linda Woolley, V&A Publications, 2000

Les Années Folles (1919-1929)
20 octobre 07 - 29 février 08

Musée Galliera, 10 avenue Pierre 1er de Serbie - 75116 Paris
Ouverture de 10h à 18h tous les jours sauf le lundi.

3 commentaires:

poirette a dit…

Super ce post, merci ! c'est un plaisir de revoir des zooms sur ces magnifiques escarpins des années folles.
J'écris actuellement des articles sur des pièces de vêtements emblématiques, sans oublier de parler de chaussures.. Je les poste sur mon blog dés que possible.
à bientôt

MISS GLITZY a dit…

Merci Poirette, j'attends avec impatience tes prochains articles.

Anonyme a dit…

福~
「朵
語‧,最一件事,就。好,你西.............................................................................................................
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