31 déc. 2007

Gifts and Happy New Year

Finalement, avoir une passion ça simplifie la vie en matière de cadeaux. Un livre qui va faire mon bonheur en ce début d'année, un carnet de notes pour mes pensées et mes idées, les dessins de mode de l'ami Warhol qui en dessina des shoes..., un calendrier avec un modèle par jour pour bien commencer mes journées, et cette paire de Herbert Levine vintage que j'ai déniché sur eBay.

As you can see my family and friends found an easy way to please me for Xmas. A book which will make my day pretty soon, a notebook for all my thoughts and ideas about shoes, the fashion and shoe drawings by Andy Warhol, a calendar with a new model per day which gonna enlighten my mornings, ans this vintage pair of Herbert Levine I bought on eBay.

Deuxième paire créée par Beth et Herbert Levine, je peux commencer à parler de collection, d'autant que j'en attend une troisième... Comme pour la première paire, je suis en quête d'une Cendrillon aux pieds menus qui pourrait les chausser le temps d'une séance photo ou vidéo, soit un petit 37 ou 38. C'est difficile à dire, la forme de nos pieds s'étant quand même transformée depuis les années 50 et 60. Avis donc aux curieuses...
Sur ce, je vous souhaite une excellente année 2008, pleine de plaisir et de coups de coeur pour de nouveaux souliers, et de prospérité pour vous les offrir.

It's the second pair designed by Beth and Herbert Levine that I bought, so I may talk about the beginning of a collection, especially if I tell you that I'm waiting for a third one... As for the first one, I'm looking for a Cinderella with narrow feet who could wear them during a fashion shooting. The size is difficult to define, from a 6AAA to a 7AAA, because the shape of our feet has changed and sizes of the fifties and sixties are definitely not the same nowadays. So if you're interesting in trying them on and if you leave in Paris, let's meet.
Now it's time for me to wish you an Happy New Year, full of joy and desire for shoes and prosperity to buy them.

22 déc. 2007

About Translation

© 2007 Miss Glitzy
Once again it took me time to do the translation of my article about Charles Jourdan's bankruptcy and I feel sorry for that. I can argue that I was busy with the Christmas shopping and all the things we've got to do at the end of the year and part of it it's true but here I make my first new year resolution. I won't be so long anymore. Anyway, I found this pretty silver shoe in a tiny shop which will make a wonderful pendant. Merry Christmas!

20 déc. 2007

Looks du Jour




© 2007 Miss Glitzy
Ce n'est pas parce que je fait mes courses de Noël, que je n'ai pas l'oeil aux aguets. Et au cours mes pérégrinations, j'ai découvert une créatrice d'origine libanaise dont je vous reparle bientôt.

It's not because I'm looking for Christmas presents all around the city that I'm not focused. While I was shopping in the Marais, I discovered a Lebanese designer I didn't know. I should meet her tomorrow, pictures and story coming soon.

18 déc. 2007

Charles Jourdan Liquidé / Jourdan's Bankruptcy

L'annonce de la liquidation judiciaire de Charles Jourdan est tombée hier, résultat d'une gestion financière et industrielle catastrophique, pas vraiment une surprise, mais un constat amer. Avec un PDG inculpé en Suisse pour le détournement de près de 20 millions de dollars, et une marque qu'ils n'étaient pas certain de récupérer, on comprend que Repetto ou l'américain Omniscent (développeur de marques) aient renoncé à reprendre l'entreprise. C'est triste pour les 197 Jourdan, salariés de l'entreprise, qui se retrouvent sans boulot.

C'est tout un savoir-faire qui disparaît, mais c'était écrit.



Septembre 2003

Elle publie un article sur la nomination de trois nouveaux directeurs artistiques à la tête des trois derniers fabricants de Romans (dans les années 70, la ville en comptait plus de trente): Michel Vivien chez Clergerie, Alain Tondowski chez Stéphane Kélian et Patrick Cox chez Charles Jourdan. Ces trois entreprises traversent depuis les années 90 crises sur crises, n'ayant pas pris la mesure des bouleversements de l'industrie du luxe. 

Le marché de l'accessoire est devenu un business et face à la puissance des grands groupes, LVMH, Prada, Gucci and co, les entreprises romanaises survivent tant bien que mal. Sans entrer dans une analyse économique, les coûts de fabrication français ne peuvent faire face à une industrie italienne compétitive, où la main d'oeuvre est moins chère et plus malléable. "Là où les français disent non, les italiens répondent d'accord". Et sans parler de délocalisations en Chine, le Portugal et l'Espagne sont deux pays qui ont eux aussi su répondre aux exigences de qualités et de coûts des créateurs français. Bref, sans douter du talent de ces trois créateurs, leur mission semblait impossible. D'autant que la communication et le marketing n'ont pas vraiment suivi. Vous en avez entendu parler vous de leurs collections?

Libération, 30 août 2005

Kélian est en faillite, Jourdan en redressement, seul Clergerie arrive à s'en sortir. Même constat que deux ans auparavant : "Trop de références (3000 en moyenne par an pour Clergerie, Kélian et Jourdan), trop de séries à produire, trop d'exigences sur la qualité des matières premières, trop peu de productivité, trop de savoir-faire et une clientèle difficile. Le métier, qui connut la gloire dans les années 70, ne correspond plus aux logiques économiques de 2005. Les anciens professionnels ont laissé la place à des investisseurs financiers." Roland Jourdan, Stéphane Kélian ou Robert Clergerie "étaient à l'usine de 8 heures du matin à minuit s'il le fallait. Ils savaient tout faire, c'étaient des artisans plus que des industriels." CQFD.

Seul Robert Clergerie, qui avait cédé son entreprise en 1999 tout en restant consultant de la marque, avant de prendre sa retraite en 2001, a réinvestit début 2005 ses économies pour racheter son entreprise qu'il dirige à nouveau. "André Perugia, le maître qui m'a formé, avait l'habitude de dire que les vêtements sont fait pour être portés. Une chaussure pour vous porter. Si on oublie ça, on n'a aucune chance de survivre." Souhaitons lui un autre sort et surtout qu'il forme la relève.

Avec cette liquidation, la maison Charles Jourdan est maintenant une page de l'histoire de la chaussure de luxe française.

De la marque Seducta lancée dans les années 30, à la conquête de l'Amérique et l'ouverture des premières boutiques françaises dans les années 50. Dans les années 60, Charles Jourdan orchestre une série de campagnes publicitaires avec des photos signées Guy Bourdin, dont vous pouvez voir un bel exemple sur Café Mode. En 1971, Roland Jourdan est nommé président du groupe, tandis que ses frères vendent leur parts. Karl Lagerfeld lui confie la réalisation de ses chaussures en 1980, la marque Seducta est relancée, mais Roland Jourdan passe la main en 1981, l'entreprise est rachetée par un groupe Suisse et c'est le début de la fin.

Je ne peux pas m'empêcher de faire un rapprochement avec la maison Ferragamo, et de constater que ce qui manque peut-être en France, c'est ce côté family business des italiens. Avant de décédé en 1960, Salvatore Ferragamo avait formé sa fille Fiamma qui reprit tout naturellement la direction du département chaussures, sous la direction de sa mère Wanda. Salvatore voyait loin et avait imaginé la Femme Ferragamo, vêtue de pied en cap par la marque, vêtements, sacs, parfums, accessoires et bien évidemment souliers. Les héritiers ont continué le rêve avec le succès que l'on sait. C'est la troisième génération d'une entreprise entièrement familiale, même si elle songe à une introduction en bourse, et ça fait toute la différence.

Je ne saurais trop vous conseiller pendant ces fêtes familiales de fin d'année, d'aller faire un tour dans les placards de vos mères, tantes, cousines..., pour voir s'il ne s'y cache pas quelques modèles Seducta de Jourdan. Car comme le constate si justement Géraldine, ce sont maintenant des objets de collection.

PS à 18:37: petite consolation, avec le retrait d'Omniscient, l'entreprise Charles Jourdan n'est pas tombée dans les mains de Cathy et Paris Hilton. Un brin chauviniste, j'avoue. Enfin, la marque appartient bien toujours à quelqu'un, même si je n'ai pas encore très bien compris à qui.

I heard the news yesterday. Charles Jourdan, the troubled French luxury footwear and accessories brand that filed for bankruptcy protection in September, is being liquidated by the French commercial courts. Not really a surprise but a sad news. The American group Omniscient, just like Repetto last week, retracted its offer to buy Jourdan because it was unclear whether the current firm actually owns the rights to its own brand. Meanwhile, police in Switzerland arrested Jourdan's last owner, Yannis Bilquez, for alleged "disloyal management". It's pretty sad, especially for the 197 workers of the factory who lost their job and my only consolation is that the brand won't belonged to Cathy and Paris Hilton. I confess that it's a chauvinist reaction but I can't help it. Anyway, this sad ending was written.

September 2003. Elle, the French magazine published an article about the three shoe designers hired as creative directors (Michel Vivien for Robert Clergerie, Alain Tondowsky for Kélian and Patrick Cox for Charles Jourdan), and titled : "They will save the French footwear industry". These three last Romans factories (in the 1970s, more than thirty were established in the city) went through economical crisis from the beginning of the 1990s. It seems that they didn't anticipate the boom of the luxury accessories industry and the development of the fashion conglomerates like LVMH, Prada, Gucci and Co. Besides, the French fabrication costs couldn't compete with the Italian ones, cheaper and more reactive. "When the French say no, the Italian answer all right." And without talking about the "made in China", French brands found in Spain and Portugal qualities and lower prices than in France. So it was quite an impossible mission for those talented designers. Moreover, there was a lack of communication and advertising. I've never heard about their collection and I doubt you did.

August 2005. The situation was worse. Kélian was declared bankrupt, Jourdan was close to it and only Robert Clergerie could maintain his production. Times and men have changed. Roland Jourdan, Stéphane Kélian and Robert Clergerie were at the factory from height in the morning until midnight if they needed to. They knew everything about the fabrication, they were artisans more than industrials and it didn't work anymore. Only Robert Clergerie who sold his brand in 1999, reinvested all he had in 2005 to run his factory again. We could only wish him to keep on doing it with success.

So now, Charles Jourdan is part of the French footwear history. He launched his brand Seducta in the 1930s, in the fifties he opened his first boutiques in France and the United States and in the sixties his collaboration with the French photographer Guy Bourdin gave us a beautiful ad campaign as you can see @ Café Mode. In 1971, Roland Jourdan, one of Charles's three sons, took the head of the factory while his brothers sold their shares. In 1980, he did the Karl Lagerfeld's collection but in 1981he sold the brand to a Swiss conglomerate and it was the beginning of the end. While I was writing this article I couldn't help myself thinking about Ferragamo and the fact that we miss the "family business" attitude of the Italian. When Salvatore Ferragamo died in 1960, his daughter Fiamma was ready to run the shoe department and his wife the brand. The man was inspired and had thought about the Ferragamo Woman dressed from head to toe by his brand. His heirs worked to make it real with the success we know and Ferragamo remains a family business until now.

Well if i can give you an advice, I think it's time to take a look in the dressings of your mothers, aunts, cousins and so, maybe you could find some pairs of vintage Seducta because they are now collectibles.

17 déc. 2007

Candy Shoes


Au détour d'une rue, je suis tombée en arrêt devant cette vitrine. Désolée pour les reflets mais avec les vitrines c'est pas si facile. Alors voilà, si l'envie d'un soulier en chocolat vous titille, Richelieu, bottine, cuissarde que sais-je, allez chez Joséphine Vannier (chocolat artisanal) à deux pas de la place des Vosges. Vous pouvez même les remplir de ganaches. Miam.

I was walking in the streets looking for ideas of christmas presents when I saw this window. I'm sorry for the reflections but windows are not easy to shoot. Anyway, if you want a delicate chocolate shoe, flat, pump, boot and even thigh-boot, go to Joséphine Vannier. It's near the place des Vosges and really easy to find. Follow your instinct or a map.

Joséphine Vannier
4, rue du Pas de la Mulle, 75003 Paris.
tel/fax: +33 (0)1 44 54 03 09
info@chocolats-vannier.com

Homework

I finally did some kind of a translation of the notes about the Roaring Twenties exhibition at the Galliera museum. I took me some times I know, I feel sorry for that. But anyway, enjoy it.

15 déc. 2007

En sortant du Plazza

© 2007 Miss Glitzy
Et n'allez pas croire que je fais mes courses de Noël dans cette avenue là.

And no, I don't shop avenue Montaigne.

13 déc. 2007

Colorful

© 2007 Miss Glitzy
Serait-ce des escarpins Michel Perry? le talon ressemble beaucoup à ceux de sa collection d'hiver. J'ai bien aimé cette association de couleurs.

Are those pumps designed by Michel Perry? The heel looks like the one in his winter collection and I'm quite fond of this colorful mix.

12 déc. 2007

Mules


Parce que je n'ai pu la caser dans la note sur les années folles, parce que 1925, parce que je veux des mules à talon avec une houpette.

Because I couldn't find a way to use this drawing in my note on the Galliera museum's exhibition (translation coming soon), because 1925, because I want a pair of mules just like this one.

10 déc. 2007

Galliera, Les Années Folles 1919 - 1929

"Elle achevait de passer une robe du soir, - une de ces amples tuniques qui se drapent d'elle-mêmes, en plis souple, sur la ligne du corps.
- J'aime ça! dit-elle. Ce qu'on est à l'aise! On se croirait nue, et c'est aussi chaste qu'une robe grecque."


Ainsi parée, enveloppée dans un manteau à l'étoffe souple bordé de fourrure, chaussée de Salomé aux talons incrustés de strass, le femme de 1925, mariée ou non, financièrement à l'aise (on ne s'habille pas chez Poiret, Chanel, Vionnet, on ne se chausse pas chez Perugia sans avoir des revenus, ou un protecteur!), court les théâtres, les cabarets, les restaurants, s'enivre de champagne et vit au jour le jour.


C'est en tout cas l'image véhiculée par les films, les romans, la publicité. C'est celle que l'on en a, on les appelle les Années Folles, et elles me font rêver. Cette courte période, de 1919 au krach boursier de 1929, m'a toujours fasciné par sa créativité, ses innovations, cette frénésie de vivre, ces excès. Tout ce qu'elle a permis et libéré comme énergie créatrice.

Ostende, oct. 1925. Collection Jimmy Cash

Après avoir vu deux fois l'exposition du musée Galliera, je me suis replongée dans ces années-là. 24 heures de la vie d'une parisienne élégante, voilà ce que l'exposition nous propose, ou comment la mode suit l'émancipation des femmes, la libération des corps après quatre années de guerre, comme pour en conjurer l'horreur.

Etant mono-maniaque, tout est parti des souliers. Même si la robe Delphos de Mariano Fortuny, tout en plissé ondulé, m'a fait chavirer. Et d'autres encore, et les manteaux, les tailleurs, les accessoires, tout est magnifique.

Necht & Frater. Escarpins du soir vers 1924. Chevreau doré gravé de dessins géométriques. Dessus du pied ajouré et garni de noeuds verts laqués.
Don de Madeleine Vionnet.
Hellster & Sons. Soulier à bride vers 1920. Décor de marqueterie en cuir noir, talon facetté en métal argenté.


Les grands couturiers qui ont saisi l'air du temps, libèrent le corps de ses entraves, le dénude, les vêtements se font fluides, les jupes et robes raccourcissent, et les souliers devenant visibles sont assortis aux étoffes et s'ornent de strass et de détails.

N. Greco. Charles IX en satin rose fuschia, application de fines bandes et de pastilles de cuir doré, barette en strass et verre coloré.

Cette femme moderne roule en voiture, casquée, parfois écharpe au vent, ce qui fut fatal à Isadora Duncan.


"Coiffée d'un béret de cuir rouge, le cou nu dans le manteau dégrafé, elle conduisait avec une décision attentive, si joliment garçonnière (..) Oui, tout de même, il y avait là une nouvelle réalisation de la grâce féminine! Un être encore singulier, quoique naissant par milliers d'exemplaires, et avec lequel il fallait dorénavant compter, comme avec un égal...".

Extraits tirés de La Garçonne, de Victor Margueritte, Flammarion, 1921.

Mais qu'en est-il des souliers?

If by any chance you're in Paris go to the fashion museum Galliera and take a look at the exhibition dedicated to the Roaring Twenties - 1919-1929. I'm sorry for the link in french, I just can't believe that they don't translate in english this kind of informations. Anyway, it's until the 29th February 2008. And the exhibition is worth a visit. Organized around 24 hours of an elegant parisian woman in the twenties, you can see beautiful clothes for night and day, designed by Paul Poiret, Chanel, Madeleine Vionet, and shoes by Perugia and other unknown shoemakers, fitting perfectly the style of the modern woman. In Paris she was dubbed "une garçonne", in the United States she was a "flapper".

"Shortly after the closing shots of World War I, the word came to designate the young women in their teens and twenties who subscribed to the libertines principles that writers like F. Scott Fitzerald and actresses like Clara Bow popularized in print and on the silver screen. (..) by the early 1920s it seemed that every social ill in America could be attributed to the "flapper" - the notorious character type who bobbed her air, smoked cigarettes, drank gin, sported short skirts, and passed her evenings in steamy jazz club, where she danced in a shockingly immodest fashion with a revolving cast of male suitors."

Like Louise Brooks who was fired from the Denishawn Company by Ruth St. Denis because of her way of life. At he age of seventeen she was living alone at the Algonquin, watching from afar Dorothy Parker and her vicious circle.

So what about the shoes?

"Hemlines had risen during the years of the war and the new simpler cut of women's clothes gave shoes an even greater prominence. (..) As hemlines rose towards the knee, shoes and stockings became focal points of fashion."

1924-1927: "New range of footwear captivated the public eye and designs changed radically from one season to the next. Although the bar shoe prevailed, "low-cut" Oxfords with slender, tapering heels became increasingly fashionable for day as well as evening wear. Daring colour combinations and bold decoration also created new and striking effects, particularly when worn for dancing. Colourful beadwork completed the beaded fringes on evening dresses, and gold kid ornamented with distinctive motifs reflected the vogue for "Oriental" designs." Besides, "The growing popularity of sports, and women's more active participation in them, increased demand for comfortable, stylish footwear. By the late 1920s sporting dress had entered the realm of haute-couture and flat, lace-tied shoes, appeared in Vogue magazine alongside more formal high-heeled designs."

Sources:
- Flapper (a madcap story of sex, style, celebrity, and the women who made america modern), by Joshua Zeitz, Crown Publishers, NY, 2006.
- Shoes by Lucy Pratt and Linda Woolley, V&A Publications, 2000

Les Années Folles (1919-1929)
20 octobre 07 - 29 février 08

Musée Galliera, 10 avenue Pierre 1er de Serbie - 75116 Paris
Ouverture de 10h à 18h tous les jours sauf le lundi.

Perugia / Julienne / Hellstern & Sons... & co

Pour la petite histoire, les années folles sonnent le glas de la bottine à tige haute 1900. Celle que j'adore. On entre dans l'ère du Charles IX - en français dans le texte parce que les anglo-saxons se moquent un peu de nos références royales - de sa variante, le Salomé, et de l'escarpin. La cheville découverte sur des bas plus clairs et parfois brodés, mettent en valeur ces souliers à bride transversale ou en forme de T.



Et les magazines de mode se font l'écho des nouvelles tendances...


Parallèlement à une clientèle fortunée qui se chausse sur mesure chez des bottiers, l'industrialisation (usines de formes et de piquage) permet la fabrication de grandes séries, inspirées de la haute couture et accessibles à un plus grand nombre (c'est fou ce qu'on recycle). C'est l'essor des entreprises telles qu'André ou Bata, créés à la fin du dix-neuvième siècle. Mais seul Bata a fondé une musée de la chaussure à Toronto.

A Paris, ça se passe à Belleville, quartier de la chaussure avec des ateliers qui se mécanisent, une main-d'oeuvre italienne, roumaine, arménienne, des jeunes paysans français comme Maurice Arnoult qui commença son apprentissage dans ces années-là et qui est un des derniers témoins de ce que fut Belleville. (ps: le site est en plein makeover, je vous en reparle bientôt)

Vaginay Nicklich, Salomé en satin rose pale recouvert d'une dentelle crème.
J. Thomas, soulier à pattes croisées vers 1920.

De tous les noms de bottiers ou chausseurs, scrupuleusement notés, je ne connaissais qu'André Perugia, j'avais vaguement entendu parlé de Julienne, mais pour le reste, nada. C'est Paul Poiret qui en voyant à Nice les premières créations de Perugia, lui demanda de réaliser les souliers de la collection qu'il venait présenter à la riche clientèle de la Riviera. Puis il lui proposa de s'installer à Paris, ce qui fut fait en 1920. Sa carrière était lancée. Son nom est entré dans l'histoire de l'art de la chaussure, plus de quarante années de création et d'innovation, et des modèles qui sont devenus des objets de collection. En décembre 2006, l'étude Lasseron et Associés a vendu près de soixante-dix paires signées Perugia, et les modèles des années 20 ont été adjugés entre 1000 et 2500 euros. Je me suis renseignée.
En 1927, André Perugia traversait l'Atlantique à la conquête de la clientèle américaine. Cette même année, Salvatore Ferragamo prenait le bateau dans l'autre sens pour s'installer définitivement à Florence. J'aime bien cette synchronicité temporelle entre ces deux maîtres de la botterie.

Perugia, Salomé,coup de pied à découpe en losange et talons recouverts de strass.

Concernant le bottier Vaginay Nicklich, j'ai eu beau cherché, je n'ai rien trouvé. Je suis en relation avec la charmante conservatrice des accessoires du Musée Galliera, mais pour l'instant elle n'a pas pu m'en dire plus. Il y sept paires exposées qui proviennent toutes du dressing de la duchesse de Talleyrand, née Anna Gould. Encore une riche héritière américaine, assez disgracieuse, mais s'habillant et se chaussant avec goût. C'est assez troublant a posteriori, d'imaginer cette femme chaussée de ses superbes Salomé. "Elle est surtout belle vue de dot", voilà ce qu'on disait d'elle, en pensant certainement à son premier mari, Boni de Castellane, dandy plutôt bel homme, qui profita de la fortune de sa femme pour se faire construire, avenue Foch, une réplique du Trianon et y donné des fêtes sompteuses. Rappelé à la raison par le trust familial, elle divorcera en 1908. Dans les années 20, elle était remariée au duc de Talleyrand. Veuve en 1937, elle rentra aux Etats-Unis où elle mourut en 1961.

Vaginay, Salomé, en damas de soie crème, broderies de fils de soie bleus et fil d'or.
Talon et bouton recouverts de strass.
Don des héritiers de la duchesse de Talleyrand


Julienne est la seule femme bottier a s'être fait un nom à cette époque. Pour celles (et ceux) qui ont la flemme de cliquer, sachez qu'elle était fille d'un bottier de province. Elle s'installa à Paris en 1910 et se spécialisa dans la belle chaussure de diffusion attirant une clientèle élégante mais ne pouvant se chausser sur-mesure chez les grands bottiers. Futée et douée la Julienne! Elle cessa son activité avant la seconde guerre.

Julienne, escarpins, lamé or et motifs polychromes, applications et bride en cuir doré.
Don de Madame Jacques Cerf


Et parmi mes préférés: des escarpins Hellstern & Sons.

Hellstern & Sons, escarpins en cuir glacé blanc souligné de bandes découpées en cuir noir.
Don de Madame de Cabarrus


Source: Marie-Josèphe Bossan, L'Art de la Chaussure.

A little point of history:

"Shoes were being mass-produced by the middle of the nineteenth century. The sewing machine had become proficient for sewing cloth by the 1850s, and a machine for sewing leather was in use by 1856. Other machinery was developed for sewing on soles and for riveting. (..) Although mass production meant that cheaper footwear became available in greater numbers, handmade shoes retained a particular cachet, as they do now, (..)."

The twenties are quite a revolution in fashion and style.

"Fashion magazines stressed the importance of smart footwear and pointed out that the wrong shoes could spoil the effect of an outfit. The short-fronted toe became fashionable as it made the foot look smaller, T-bars were ontroduced and heels increased in height. Chequered designs and appliqué trimmings adroned many shoes, and black was often combined with white or grey in styles worn for half-mourning. There are also a huge range of ornaments to choose from, and iridescent bead insects, gauze butterflies and ornate paste buckles could transform an ordinary shoe into something new and distinctive. (..) High-heeled shoes with cut-away straps and elongated toes emphasised the elegance of a shapely ankle, and small decorative buckles known as "fastenette" provided a chic alternative to the button side fastening."


The only name of bespoke shoemaker I knew was André Perugia, I heard about Julienne but for the others nada. So it was quite a discovery. Julienne was the daughter of a bespoke shoemaker who settled down in Paris in 1910. She was specialized in mass production of elegant shoes inspired by the haute-couture for women who couldn't afford handmade shoes. I didn't find any information about Vaginay Nicklich, a french bespoke shoemaker, but I'm working on it. Seven pairs of Vaginay, mostly Salomé or T-bar pumps, are shown and all did belonged to Anna Gould. And it's a little bit strange to think about this plain woman wearing such a delicate pairs of ornated shoes. Finally my favourite are the black and white pumps designed by Hellstern and Sons, a well-known brand at the beginning of the 1920s run by three brothers.

Source : Shoes by Lucy Pratt and Linda Woolley, V&A Publications, 2000.


Merci au service de presse et au personnel du musée Galliera.

Les Années Folles (1919-1929)
20 octobre 07 - 29 février 08

Musée Galliera, 10 avenue Pierre 1er de Serbie - 75116 Paris
Ouverture de 10h à 18h tous les jours sauf le lundi.

7 déc. 2007

Quand je me prends pour Emma Peel

© 2007 Miss Glitzy
Parfois, les jours de pluie (ou certains jours sans pluie), je sors mes bottines Xavier Danaud. Et oui parfois, car c'est la plus ancienne paire de chaussures que je possède, et je compte bien les conserver encore longtemps. J'en use donc avec modération. Ça fait plus de quinze ans (oups!) que j'ai craqué en les voyant dans la vitrine d'une boutique de destockage de l'avenue de Clichy, boutique qui ne doit même plus exister. Les bottines vernies de Miss Peel! Je n'ai jamais regretté cet achat, et encore maintenant quand je les porte, je me sens un peu spéciale.

Sometimes when it rains (but not only when it rains) I put on my Xavier Danaud's boots. It's the oldest pair of shoes I own and I really take care of them because I want to keep on wearing these boots once in a while. When I spotted them in the window of a tiny boutique in Paris, I just coudn't resist. I've finally found Miss Peel's boots! I never regretted it and still now when I put them on I feel a little special.

5 déc. 2007

It Takes Shoes To Tango

Mes copines les Glitzy Chix ont posté sur Look du Jour un joli clip de Gotan Project, avec de très beaux plans sur les souliers, accessoires hautement fétichistes du tango.

My friend the Glitzy Chix posted on their blog, Look du Jour, a beautiful clip from Gotan Project with frames on the shoes, potent fetishistic accessories of tango.

4 déc. 2007

Galliera


Nouvelle visite au musée Galliera, retour aux Années Folles (presque aux sources en ce qui me concerne). J'ai pu faire des photographies des souliers exposés mais ce ne fut pas une mince affaire. L'atmosphère intimiste de l'exposition, les lumières basses et indirectes pour ne pas abîmer ces merveilles qui ont traversé le temps, tout cela ne facilite pas la prise de vue. Je suis rétive à l'utilisation du flash, sans parler des réflexions dans les vitrines, donc vous n'aurez que les meilleures pour vous mettre l'eau à la bouche. Et c'est pour bientôt...

En sortant, j'ai assisté à la difficulté de marcher avec un talon cassé.

I came back to the Galliera museum and its exhibition about the Roaring Twenties. Taking pictures of the shoes was quite a job because of the low key lights. It gives you a feeling of intimacy with the clothes and accessories wich is great but for the photos, hard work! I don't like using a flash so I kept the best just to give you the desire to see them. Post soon.

In the street I witnessed the difficulty of walking with a broken heel.

Malgré Tout



© 2007 Miss Glitzy
Parce qu'on ne peut pas s'arrêter même avec un talon cassé. Une pause déjeuner puis un taxi me semble tout indiqué.

Well you can stop walking even with a broken heel. Lunch then a cab looks to be the solution.

3 déc. 2007

Pas encore l'hiver mais presque...

© 2007 Miss Glitzy
C'est la seule photo que j'ai qui me fasse penser à NY sous la neige... ça ma toujours fait rêver... J'aurais aimé que la photo soit moins floue car les ballerines étaient joliment glitzy.

Don't know why but this picture makes me think of NY under the snow. The golden ballet flats were prettily glitzy, too bad the picture was so out of focus.

1 déc. 2007

Encore des Crocs, mais c'est la dernière fois!

© 2007 Miss Glitzy
J'avais naïvement pensé que l'hiver nous débarrassserait des ces choses en plastique aux couleurs immondes et voila que je raporte ça d'Amsterdam, des Crocs fourrées! Je suis arrivée la nuit et repartie sous un crachin nordique, donc impossible de prendre des photos de shoes, à part ces Crocs en pleine lumière. Elles me font penser à des godasses de nain de jardin. J'en arriverais même à apprécier les Ugg! Et c'est la dernière fois que j'en parle, il ne faudrait pas s'égarer quand même.

Wishful thinking! I believed that in Winter I would be rid of those ugly plastic shoes and I bring you that from Amsterdam, Crocs lined with synthetic fur! I arrived at night and left the town in the morning, a cloudy one with a cold drizzle... no way I could take any picture of shoes. And when I look at those things I think that even the Ugg are more attractive! Anyway it's the last time I talk about it because it's not the meaning of that blog.