29 janv. 2008

Perse et Police

© 2008 Miss Glitzy
En lisant Chausser Magazine, mensuel peu glitz mais plein d'informations sur le marché de la chaussure, je suis tombée sur une brève annonçant que le gouvernement iranien avait publié une directive déclarant les bottes portées par les femmes, même sous le tchador, comme des "produits sensuels et provocateurs, portant atteinte à la morale islamique." Après une petite enquête sur internet, c'est en fait la police iranienne qui en novembre dernier a publié une liste des "vices" qu'elle combattra dans le cadre de sa campagne "contre les comportements portant atteinte à la sécurité de la société", et qui comprend notamment des violations du code vestimentaire islamique. D'où l'interdiction du port des bottes si elles ne sont pas recouvertes d'un pantalon. Des députés religieux se sont élevés contre cette interdiction jugeant que le port des bottes n'était pas "tabarroj", terme qui s'applique aux femmes qui révèlent leurs formes au regard des hommes, et qu'il ne fallait pas confondre la religion et les émotions.

Cette histoire m'a fait penser à cette séquence du film Persepolis, où Marjane en retard, court dans la rue et se fait arrêter par des policiers qui lui demande de cesser de courir parce que cela provoque un mouvement de son postérieur trop provoquant. A cela, elle leur répond énervée qu'ils n'ont qu'à pas regarder son cul! A croire que dans les tests de recrutement des policiers est pris en compte leur degré de frustration sexuelle. Je n'ose imaginer leur réaction face à ses bottes vernies rouges à talons aiguilles. Enfin, je fais confiance aux iraniennes pour braver ce nouvel interdit comme elles le font déjà pour le port du foulard.

Sinon aujourd'hui, j'ai passé un excellent moment à visiter l'exposition, Pas à Pas, l'art de la chaussure, au musée de Saint-Maur-des-Fossés, je vous en reparle très bientôt.

While I was reading Chausser Magazine, a French professional monthly full of informations about the shoe market but quite unglitzy, I found a news announcing that the Iranian government declared that the boots worn by women are too sensual and provocative and against Islamic morality. I googled it and in fact it was the Tehran police chief who issued a decree against boots and outfits that don't respect the Islamic dress code. He said that women who wear high boots with their trousers tucked-in would be targeted by the moral police and that it was a necessity to improve security in society. But several clerics sitting as MP's in the Iranian parliament have criticized him for showing excessive zeal. They said that wearing boots is not "Tabarroj", an Islamic term which means revealing one's beauty and bodily contours to unrelated men and that "no officials have the right to mix religion with emotions."
For those who have seen, Persepolis, this story reminds me a scene in this movie. The main character, Marjane Satrapi, is running in the street because she's late for a lecture at the university, two policemen arrest her and order her to stop running because the moves of her body and bottom are too provocative. Furious, she calls them perv for looking at her ass. So I'm wondering if the Iranian police department do rate the sexual frustration while recruiting new policemen. And I can't imagine their reactions in front of this varnished red high heels boots. Anyway, I'm quite sure that Iranian women will keep on wearing boots just like they want as they do with headscarves.

Today, I spent a delicious moment visiting the exhibition, Step by Step, a shoe history, at the Museum of Saint-Maur-des-Fossés. I'll talk about it pretty soon.

1 commentaire:

Shoes Mend Hearts a dit…

wow a magazine just about shoes!! no such thing in Australia...