28 juil. 2008

Tokio Kumagaï

La première fois que j'ai vu une photographie d'un modèle de Tokio Kumagaï, je crois bien que c'était ces ballerines "Souris" (1986/87). Mais il y a aussi, le modèle "Coq" ou "Sport car", dont j'ai tout de suite adoré l'esprit ludique. Ces souliers font désormais partis de la collection du Powerhouse Museum de Sidney que je vous invite à regarder ici.
I think that the first time I saw a picture of a Tokio Kumagaï's model, it was these "Mouse" ballerina flats (1986/87). But there's also the "Rooster" or the "Sport Car" and I immediatly loved their witty spirit. They now belong to the Powerhouse Museum of Sidney's collection and you can take a look here.

Sur Tokio Kumagaï, je n'ai pas trouvé grand chose dans mes bouquins ou sur le net. Sinon, qu'il est né en 1947 à Sendaï, qu'il est entré en 1966 à l'école de stylisme Bunka Fukuso Gakuin et qu'il a obtenu durant ses études plusieurs récompenses (Prix So-En, prix Endo), et un billet d'avion pour Paris où il s'installe au début des années 70. Il commence à travailler comme styliste freelance pour J.C de Castelbajac, Rodier, Cerruti et Fiorucci, pour qui il crée des baskets dorées et argentées, et dont le succès le décide à se lancer dans la création de chaussures. En 1980, il lance sa marque Tokio Kumagaï Paris et ouvre sa première boutique Place des Victoires en 1981. Il devient célèbre pour ses modèles inspirés des oeuvres d'artistes tels que Dali, Kandinsky et Mondrian, ainsi que pour ces amusantes représentations de souris, coqs ou encore de masques africains. Travail sur les formes, utilisation de motifs peints à la main, d'un large éventail de matériaux, bref il innove et participe au renouveau esthétique qui a marqué les années 80. En 1985-86, il développe sa marque en lançant une ligne de vêtements pour homme en association avec Itokin, fabricant de vêtements japonais, ainsi qu'une série de montres en collaboration avec Seiko. Il développera une autre ligne pour homme ainsi qu'une pour la femme, avant de décéder brutalement à Paris d'un cancer du foie. C'était en 1987, il avait 40 ans. Ses assistants ont continué sa griffe jusqu'en 1991. De son côté, Amélio Zagato, son agent italien et collaborateur chez Heresco (fabricant de chaussures) a continué a reproduire quelques modèles pour satisfaire sa clientèle et ce jusqu'en 1997. A la fermeture de l'atelier Tokio Kumagaï, toutes ses archives ont été données au Kyoto Costume Institute.

I didn't find a lot of informations about Tokio Kumagaï in my books or on the internet. Let's say that he was born in 1947 in Sendaï, began to study fashion design at Bunka Fukuso Gakuin in 1966, and received several prizes (So-En prize, Endo Prize) and a plane ticket to Paris where he settled down at the beginning of the 70's. He started his career as a freelance designer working with J.C de Castelbajac, Rodier, Cerruti and Fiorucci for whom he designed golden and silver sneakers which were so successful that he decided to keep on designing shoes. In 1980, he launched his own brand, Tokio Kumagaï Paris, and opened his first boutique Place des Victoires in 1981. He became famous for representing in his shoe designs the works of artists such as Dali, Kandinsky or Mondrian as well as for the funny mimicking subjects as mice, roosters or African masks. With his innovative approach of design, the use of handpaintings and a wide range of materials, he clearly participated to the new estheticism of the 80's. In 1985/86, he launched Tokio Kumagaï Homme with the Japanese fashion company Itokin and designed watch in collaboration with Seiko. Then, he developed a line of clothes for women and another one for men but suddenly died of liver cancer. It was in 1987, he was 40 years old. Amélio Zagato, his agent and collaborator at Heresco (Italian footwear company) kept on producing some of his models to satisfy his international clientele until 1997. All his archives are now at the Kyoto Costume Institute.


Je sais que j'ai peu de chance de trouver un jour ces délicieuses ballerines, objets de collections que l'on trouve maintenant dans les musées. De même, il est rare de trouver un modèle griffé Tokio Kumagaï sur eBay. Alors inutile de vous dire que lorsque je suis tombée sur cette paire d'escarpins en veau velours noir et cuir doré, au si joli décolleté, je n'ai pas lâché l'affaire. Comme je le disais précédemment, c'est la première fois que je suis en mesure de porter une paire de chaussures vintage et ça me fait un drôle d'effet. Ils sont en très bon état mais il y a bien des traces, notamment sur le cuir des talons, qui prouvent qu'ils ont été portés. Et je me plais à imaginer qu'ils ont appartenu à une égérie qui a dansé jusqu'au bout de la nuit sur les pistes de danse du Palace ou du Studio 54.

I know that I have few chances to find one pair of those gorgeous ballerina flats, which are now part of museum collections. And it's pretty rare to find a pair of Tokio Kumagaï Paris on eBay. So you can imagine that when I saw this pair of pumps in black suede and golden leather with such a beautiful design I was eager to get them. As I told before, it's the first time that I can actually wear vintage shoes and I can't help finding it a little bit strange. They are in good conditions with minor scuffs, especially on the heels, so I know that they have been worn. And I like to imagine that they belonged to some kind of It Girl who was dancing all night long at the Palace in Paris or the Studio 54.


© 2008 Miss Glitzy
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13 commentaires:

Paula a dit…

Oh!!! Je ne suis pas fan généralement des chaussures vintage, mais alors celle là, chapeau, elles te vont à merveille!! Le modèle est superbe (!)Je file me renseigner sur le créateur..merci!

frieda l'écuyère a dit…

Je me souviens très bien de cette figure de la mode des 80's. Marc Jacobs lui doit beaucoup, non ?
Ces chaussures te vont à merveille. Mais est-ce si facile de porter une quasi-pièce de musée ?

MISS GLITZY a dit…

@ paula : ça c'est mon côté collectionneuse, je ne les achète pas vraiment pour les porter, mais ça fait quand même plaisir parfois de pouvoir y glisser son pied.

@ frieda l'écuyère : Marc Jacob c'est certain, mais Tokio Kumagaï a dû s'inspirer de Carel qui a sorti sa ballerine "Souris" en 1982. Sincèrement, je ne pense pas que je vais les porter souvent. Je m'en voudrais de les abîmer. Et elles sont quand même un peu étroites.

M1 a dit…

Excellentes ces ballerines Tamagoshi! :-)
Pour les escarpins, rarement le vintage n'a été aussi mystérieux!

Christophe LG. a dit…

je les adore ! Dommage que je sois pas une fille pour les portés !!
J'aime assez le vintage, et la autant dire que c'est reussi.
Merci pour ton com,
Christophe

stilettostetico a dit…

C'est aussi le côté Fascinant du "Vintage authentique " , stimuler l'imaginaire ET perpétuer une "Fashionistaesque" alliance au-delà des générations . . .
ps: Alors OUI !!! D'autant plus que les profondes échancrures "côté intérieur" se prêtent idéalement au jeu de chaussure (cf Souvenir perso de "Féline s'adonnant à une chorégraphie improvisée à un comptoir" Gloups . . . ET de quasi Hynose !!! Pfffffff . . . Parenthèse "Confessions Voyeuristo-Fétichisantes") . . .

stilettostetico a dit…

ps: "Hypnose", évidemment . . . Eeeeeeeuuuhhhh . . . Nouveau "dérapage de clavier" à mettre sous le coup de l'émotion !!!

MISS GLITZY a dit…

@ m1 : bravo pour les ballerines Tamagoshi. Et le mystère est quand même un piment essentiel de la vie.

@ christophe lg : de rien et merci pour le tien. Pouvoir porter des escarpins est l'un des avantages d'être une fille.

@ stilettostetico : stimuler l'imaginaire, je suis d'accord. Et j'aime beaucoup ton émotivité!

Roxane a dit…

ces chaussures sont superbes et puis ta rêverie causée par le vintage est délicieuse

MISS GLITZY a dit…

@ roxane : merci, ça me touche beaucoup.

madeleinemiranda a dit…

Très mignon les ballerines souris! Marc Jacobs en fait également!

Bonne journée

Mademoiselle M.

frédéric asselineau a dit…

Un autre modèle Kumagaï...
http://asselineau.blogspot.fr/2012/06/les-pas.html

MISS GLITZY a dit…

@ frédéric asselineau : merci, elles sont très belles !