12 janv. 2010

French Signature

Past November 09, the French Footwear Federation and the shoe Museum of Romans had organized a shoe exhibition at the Galleries Lafayette. You know how much I love this kind of event but this time I was so disappointed that I left the photos in a file until I looked back I them and thought that it was a pity not to share these beauties with you. The idea of organizing a shoe exhibition on the new shoe level of the Galleries sounded like a good idea but it didn't actually. I don't think that mixing some kind of a retrospective of French talents and designs with shoes that were actually on sale in the store was appropriated, and seeing a guy fixing prices at some of the shoes exhibited was pretty disturbing. Besides the fact that except very few brands, there is no more French collections made in France!
But, it was at least the occasion of admiring some of the treasures of the Romans Museum and I finally wanted to give you my own interpretation of the French Signature.


En novembre dernier, je suis allée visiter l'exposition French Signature organisée par la Fédération Française de la Chaussure et le Musée de la chaussure de Romans au nouvel, et immense, espace chaussures des Galleries Lafayette. Ça fait beaucoup de chaussures! Mais l'expo m'a tellement déçue, que j'ai gardé les photos dans un dossier avant de me dire que c'était quand même dommage de ne pas partager ces merveilles avec vous. Si l'idée des Galleries Lafayette pouvait sembler bonne à première vue, le résultat l'était moins. Et j'ai trouvé que mélanger une rétrospective du style et de la qualité française, en présentant des modèles en vente dans le magasin, n'était pas particulièrement judicieux, et plutôt maladroit. Et le fait de voir un mec poser des étiquettes avec des prix sur certains des modèles exposés fut assez perturbant. Outre le fait, qu'à part deux ou trois exceptions, il y a bien longtemps que les collections des créateurs français ne sont plus fabriquées en France!
Mais ce type d'exposition est toujours l'occasion d'admirer quelques uns des trésors que conserve le Musée de Romans, et j'ai donc décidé de vous donner ma propre version de cette French Signature.

Charles Jourdan, blue satin pump, 1960. Blue leather sandal (inspired actually by the 1947 Ferragamo one), 1979. You will find this heel shape in the new S/S 10 Jourdan collection.

Maison Hellstern & Sons, black and blue kid boot, buttons in nacre, 1918/22.

Maison Hellstern & Sons, black kid evening shoe with pearls embroidered, 1920/28.

Maison Gillet, silver kid pumps with geometrical pattern painted by hand and imitating the sharkskin. Golden kid mule with geometrical pattern painted by hand, 1920/30.

François Pinet, black kid shoe, end of the 19th century.

Son of a cobbler, François Pinet (1817/1897) is the first handmade shoemaker recognized as a designer. His clientele was the high society of his time and his reputation and business increased with the development of the Haute Couture. Women needed a pair of Pinet boots to fit with their Charles Worth dresses. In 1863, the Maison Pinet employed 120 craftsmen in the atelier plus 700 workers. High heels came back thanks to him around 1870 and the Louix XV heel took the name of Pinet after he invented a new way to make them. Her son kept on making shoes until the thirties, with retailing stores in Paris, Londres, Berlin, Vienne and NY, but the political and economical aftermath of the 1929 crisis sounded the end of the Maison Pinet.

Fils d'un cordonnier de province. Considéré comme le premier bottier à s'être fait un nom en tant que créateur. Fournit la haute société de son époque. Sa réputation grandit à mesure que se développe la haute couture, une paire de bottines de Pinet devenant le complément parfait d'une robe de Charles Worth. En 1863, la maison emploie 120 personnes dans son atelier et plus de 700 ouvriers à la pièce. On lui doit le retour des talons hauts dans les années 1870. Le talon Louis XV, pour lequel il invente une nouvelle technique de fabrication, prend le nom de talon Pinet à la fin du XIXe siècle. Son fils lui succède et continue de fabriquer des chaussures jusque dans les années 30, développant un réseau de boutiques à Paris, Londres, Berlin, Vienne et NY, mais à du mal à les conserver dans la période de bouleversements politiques et économiques des années 30.


Maison Hellstern & Sons, white and black kid pump with black buckle on velvet, 1920/28.

Maison Hellstern & Sons, black kid and suede slingback, 1939/45.

Founded before the 1870 war, the Maison Hellstern was first dedicated to men's shoes. Around 1900, it moved to Place Vendôme and began to create for women. But it was the three Hellstern brothers (Maurice, Charles, Henri) that developed the Maison which became really famous during the twenties and thirties. Every time I see a T-bar shoe, a pump or a boot made by Hellstern, I'm amazed by the refinement, the delicacy of the embroideries, buckles or incrusted heels. I don't really know when the Maison Hellstern closed but a branch in Bruxelles and the one in London kept on selling shoes until 1949 and 1965. The Museum of Romans own a collection of more than 250 pairs that all belonged to a single woman. So when I look at an Hellstern shoe from Romans, I couldn't help to think about this woman and wonder who she was...

Fondée à Paris après la guerre de 1870, la maison est d'abord spécialisée dans la chaussure pour homme. Vers 1900, déménagement de la première boutique place Vendôme et développement de la fabrication de souliers pour femme. Ce sont les trois frères Hellstern (Maurice, Charles, Henri) qui vont donner son essor à la Maison dont l'apogée fut les années 20 et 30. A chaque fois que je vois un Salomé, un escarpin ou une botte fabriquée par Hellstern, je suis stupéfaite par la finesse du travail, le raffinement des broderies, des boucles, des talons incrustés de strass. Difficile de savoir quand la Maison a définitivement fermée, mais les succursales de Bruxelles et Londres ont respectivement fermées en 1949 et 1965. Le Musée de Romans possède une collection de plus de 250 paires ayant toutes appartenues à la même femme. Et à chaque fois que je contemple une de ces paires, je ne peux m'empêcher de me demander qui était cette femme...

Julienne, black varnished leather boot with red lining and incrusted heel, 1930.
I don't have a lot of informations about Julienne and already posted
here what I know.

Sarkis Der Balian, black kid open toe pump with colorful kid mosaic, 1945/47. Grey kid and suede pump, 1940/45.


Sarkis Der Balian, tartan and varnished black kid loafer, 1936.

Born in Armenia, orphan at this age of 7, he was fostered by a shoemaker who taught him his craft and gave him the opportunity to go to school. His talent led him to Paris in 1929 where he worked first for several handmade shoemakers. In 1934, he was hired by the Maison Enzel, rue Saint-Honoré, as a foreman supervising a team of 40 craftsmen while working as a designer for other brands or Haute Couture.
In 1939, he declined Delman's offer to go to the United States and work for his company and opened his own workshop and store during WWII. He became pretty famous with a huge and eclectic clientele and received many awards. One of his creation who won a shoe Award in Bologna in 1958 so impressed the jury that they named him the Michel Ange of the Shoe. Helped by his wife and daughter, he kept on making shoes until his death in March 1996.

Né en Arménie, orphelin à l'âge de 7 ans, il est recueilli par un bottier de sa région qui le forme, tout en lui permettant d'aller à l'école. Ses dons le mène à Paris en 1929 où il travaille pour différents bottiers. En 1934, il est engagé par Enzel, un bottier de la rue Saint-Honoré où il dirige une équipe de 40 personnes, tout en ayant une activité de modéliste pour d'autres chausseurs ou des couturiers.
En 1936, Enzel ferme et Sarkis Der Balian entre chez le fabricant français Cecil comme directeur technique. En 1939, il décline l'offre du fabricant américain Delman qui lui propose de travailler pour lui aux Etats-Unis, et ouvre sa propre boutique à Paris pendant la seconde guerre mondiale. Universellement reconnu, il reçu de nombreux prix et récompenses, dont la coupe mondiale de la chaussure à Bologne. Epaté par la finesse d'exécution de son modèle, le jury le proclame le "Michel Ange de la chaussure". Secondé par sa femme et sa fille, il maintient son activité jusqu'à sa mort en mars 1996.

Charles Jourdan Seducta, green leather pump "Mascotte", 1966.

Roger Vivier for Christian Dior (made by Charles Jourdan), black and white kid pump, 1959/60.

Pierre Cardin label made by Charles Jourdan, red kid, metallic buckle, 1968.

Robert Clergerie, "Palma" bicolor derby and "Paris" bicolor Oxford, 1981/82.

I was happy to finally see them as they both are the first masculine shoes for women made by Clergerie. Hope you like this report and have a nice day.

Ça m'a fait plaisir de les voir, car ce sont les premiers derbies pour femme crées par Clergerie. J'espère que cette petite visite vous aura plus. Et bonne journée.

8 commentaires:

Gaëlle a dit…

Décidément, j'adoooooooore les souliers anciens ! J'ai trouvé dans une brocante deux paires de Séducta des années 60, dont une en tartan rouge et noir dont je suis folle mais trop petites... tant pis, je les aime quand même :-)
Merci beaucoup pour la visite !

Fred de Easy Fashion a dit…

Quelles jolies chausures !
... Euh !!! Pardon souliers SOULIERS !!
j'adore les années 50 et 60
la classe

Bonne Année
Si on a le droit encore !

isabelle a dit…

Ah ! Comme je me régale de tes posts comme cela! Je n'ai vu aucuns visuels de cette expo dont j'ignorais l'existence. je ne connaissais pas non plus Sarkis der Balian? ! C'est sidérant de voir que quelqu'un qui avait reçu autant de récompenses soit aussi injustement méconnu aujourd'hui.
Merci pour cette belle visite.

MISS GLITZY a dit…

@ Gaëlle: moi aussi!!! Seducta, c'était la ligne pour les jeunes filles, et je comprends que tu les aimes!
@ Fred: ce sont deux décennies de belle féminité. Merci et bonne année à toi aussi!
@ isabelle: j'aime bien en faire de temps en temps... Je connaissais Sarkis Der Balian de nom et à travers mes livres sur l'histoire de la chaussure, mais c'est différent de voir les créations exposées. J'aimerais bien prendre contact avec sa fille...

MISS GLITZY a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
mariga(z) a dit…

Les open toes Sarkis der Balian et leur semelle mosaïque sont fabuleux !!!!!
Moi aussi, c'est la première que j'entends ce nom ?

MISS GLITZY a dit…

@ mariga(z): il y a des merveilles dans la botterie française...

sofiasophie a dit…

super le post!
j'adore les souliers de sarkis .....
trés interressant et j'aimerai bien en savoir un peu plus sur cette femme qui possedait tant de souliers.....