16 juil. 2013

SUITE ROMANAISE, LE MUSEE DE LA CHAUSSURE

Pffff... mon séjour romanais est déjà loin derrière moi, mais je ne pouvais pas ne pas vous parler de ma visite au Musée International de la Chaussure de Romans. 


Au cours de ma balade dans la ville, j'ai aimé cette enseigne (moins la sélection de chaussures proposées). 


Et celles qui savent mon affection pour les souliers de Robert Clergerie, comprendront que je n'ai pas pu résister à ces modèles en vitrine. Et même si l'entreprise de ce dernier chausseur indépendant de Romans-sur-Isère a été vendue en avril 2011 à des investisseurs chinois, associés à Jean-Marc Loubier, un ancien dirigeant de LVMH, Robert Clergerie a conservé 10% des parts pour assurer la transition et le maintien, pour l'instant, de la production à Romans. 

Les archives de ce blog contiennent quelques billets rédigés en 2007 concernant l'entreprise Charles Jourdan jusqu'à sa liquidation. J'ai suivi le rachat de Charles Jourdan et Stéphane Kélian par le Groupe Royer, à la tête d'une trentaine de licences mais sans réelles connaissances de la fabrication de souliers haut de gamme. Les collections présentées par la suite ne m'ont jamais convaincues et c'est sans surprise que j'ai appris début juillet le souhait de Royer de céder totalement ou partiellement ces deux marques de chaussures de luxe. Et j'en reviens toujours à la même question. Est-il bien nécessaire de tenter de maintenir sur le marché des marques dont la qualité, la créativité et le savoir-faire ont disparus avec leur fondateur ? 


Mais revenons au musée, qui a pu acquérir avant la liquidation de Charles Jourdan la très belle collection de modèles de André Perugia. J'avoue, il me faudra revenir à Romans pour la voir, car si le lieu est magnifique, la signalitique du musée, pas très claire, m'a fait passer à côté de la salle consacrée à Perugia. 

Mais qu'importe car la richesse des collections vaut bien une deuxième visite ! Vous m'excuserez aussi pour la qualité des photographies, mais les lumières et la scénographie rendent la prise de vue difficile.


La visite débute par une salle très bien faite consacrée à la fabrication, au matériaux, aux machines et outils. 

Grâce à différentes expositions relatées ici et , j'avais déjà une idée des collections des bottiers et créateurs du XXème siècle que possèdent le musée. Mais je ne m'attendais pas à découvrir un tel parcours historique dans l'univers des formes et des styles de chaussures françaises et étrangères, en partant des sandales de l'antiquité jusqu'aux souliers du XIXème siècle.


Souliers de femme en soie brochée. Broderie de fils d'argent. Epoque Louis XIV.

Botte de mousquetaire (dite "à entonnoir" ou "à chaudron"). France, XVIIème siècle. Collection Guillen.


Chaussures de bal, vers 1840.


Bottes d'homme Tartare, Russie. XIXème siècle.


J'ai adoré le travail de broderie et perles de la collection de mocassins indiens du Canada datant du XIXème siècle.


Modèle de Roger Vivier, 1987. 

Pour la petite histoire, Roger Vivier avait déposé il y a vingt ans sa collection personnelle au musée de Romans avec l'intention d'en faire don. Décédé en 1998 sans avoir pu officialiser ce projet de don, son héritier enleva la collection du musée en mai 2011 avec pour objectif de la vendre. 

Une vente publique eu lieu à Neuilly le 30 novembre 2011. Le Ministère de la Culture exerça son droit de préemption pour le compte du Musée et la Ville de Romans, La Fédération Française de la Chaussure et la Maison Roger Vivier s'associèrent pour racheter la quasi totalité de la collection. Nous leur devons donc de pouvoir admirer les créations de ce styliste et bottier hors pair qui a définitivement marqué l'histoire de la chaussure française du XXème siècle. 

Sachez aussi, si vous passez par Romans et que l'envie vous prend de visiter ce musée, que celui-ci accueille jusqu'en septembre l'exposition de la Fédération Française de la Chaussure, La Chaussure, une passion française.

Sur ce, belle journée !




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