30 janv. 2015

LE CAS SWEATSHOP


Si vous êtes un tant soit peu connectés à la planète mode, vous n'avez pas pu échapper à cette photo du visage en pleurs de la blogueuse mode norvégienne Anniken Jorgensen et aux différents articles consacrés au docu-réalité Sweatshop diffusé sur le site norvégien Aftenposten. Le fait d'être en convalescence m'a permis de regarder les différents épisodes et de lire à droite à gauche les réactions et questionnements par rapport à l'utilité et l'impact de ce programme, conçu sur un mode plus télé-réalité que documentaire. En résumé, Sweatshop embarque trois jeunes blogueurs norvégiens pendant 30 jours au Cambodge, durant lesquels ils vont partager le quotidien des ateliers de textile, découvrir les conditions de travail de ces ouvriers et ouvrières et leur salaire de 3 dollars par jour.


Si je partage le point de vue de Stelda qui déplore notre société qui carbure à l'émotion mais dont l'empathie semble en voie de disparition - où il faudrait donc vivre une situation, un évènement pour croire. J'ai néanmoins l'espoir que ce programme, avec ces défauts, aura eu sur certains un réel impact. Que ce qu'on vécu ces trois jeunes blogueurs norvégiens, consommateurs et cibles privilégiés des grandes enseignes, suivis par de nombreux fans, aura permis une prise de conscience et peut-être un changement de leur mode de consommation... 

Point de suspension car à lire cet article sur le site de L'Express Style et à voir le blog de la jeune Anniken ou le compte Instagram de Frida Ottensen, même sans rien comprendre au norvégien, il semblerait que les conditions de travail des ateliers cambodgiens soient bien loin maintenant de leurs préoccupations. Mais on va leur laisser le bénéfice du doute et de la jeunesse car c'est aussi cette génération qui peut faire bouger les choses. 


Je n'ai pas attendu l'effondrement du Raza Plana en 2013 et les 1747 morts, ni les manifestations des travailleurs du textile à Dacca ou au Cambodge pour réclamer un salaire et des conditions de travail décents, pour modifier mon mode de consommation et boycotter certaines enseignes. Une goutte d'eau par rapport aux chiffres d'affaire des groupes de fast fashion et de leur expansion. Mais au moins, je suis en accord avec moi-même. J'achète moins et mieux. Car des alternatives, il y en a !

Mais comment faire plus ? Car l'objectif n'est pas que les lieux de production se délocalisent dans des pays encore moins regardant sur les conditions de travail, mais que ces travailleurs ne soient plus réduits à cet esclavage moderne. Si pour l'instant, il y a peu à attendre des pouvoirs publics, français ou européens - cf le renvoi au calendes grecques de la proposition de loi sur la responsabilité sociale des entreprises - il existe des organisations et associations qui se mobilisent et dont on peut soutenir les actions, comme le collectif Ethique sur l'étiquette et Fashion Revolution que je vous invite à rejoindre.

Une autre mode est possible, elle est déjà en marche. A nous d'y contribuer. Si vous souhaitez vous faire une idée par vous même, les épisodes de Sweatshop sont visibles ici, sous-titrés en anglais.

Tschüss et bon week-end !

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