16 nov. 2015

A TOUS CEUX QU'ON AIME


Jeudi soir, je postais sur Instagram ce pochoir qui se trouve sur un des murs de la cathédrale de Gap. C'était mon message du soir. J'avais pris cette photo le matin, en allant prier et allumer un cierge pour une jeune femme qui était dans un coma profond depuis une semaine, après un très grave accident de voiture. Depuis ce week-end, je vois toujours la colombe, le mot paix, mais aussi cette masse sombre, ce noir, un hors champ au contour flou et indéfini où se nicherait la peur. 

Vendredi en fin de journée, je suis allée voir le film de Guédiguian, Une histoire de fou, sur l'histoire méconnue du terrorisme arménien et les destins croisés d'une victime d'un attentat et de la famille de celui qui fit sauter la bombe. On a parlé du film, de ce pan de l'histoire des arméniens que je ne connaissais pas, du terrorisme, de sa spirale mortifère, de ses hommes qui prennent goût au sang. Sans savoir qu'à Paris, au même moment, des hommes et des femmes mourraient sous les balles et par les explosifs d'autres terroristes. Parce que je vis loin de Paris à présent, que je n'ai pas la télé et que je m'étais déconnectée des réseaux sociaux.

Le réveil a été dur, nauséeux et angoissé. Je savais que les membres de ma famille et mes ami(es) proches étaient saufs, mais il y avait cette angoisse de lire le nom d'une personne que l'on connait et puis l'immense tristesse qui submerge de le voir écrit.

J'ai volontairement évité toutes images télévisées ou autres, les commentaires ou posts nauséabonds, j'ai enregistré des liens d'articles que je lirai plus tard. Je n'ai pensé qu'à eux, aux victimes, à leurs familles, à leurs proches. J'ai lu de belles choses aussi, j'en ai partagée, je me suis réchauffée aux messages de solidarité, d'amour et de résistance face à la haine aveugle et sanguinaire.

Je n'ai pas aimé quand j'ai dit non, que je ne me sentais pas d'aller dans une salle de concert maintenant. Je n'aime pas cette peur qui nous empêcherait de continuer à vivre comme on l'a toujours fait, à s'unir à des gens que l'on ne connait pas dans le plaisir d'un concert, à partager apéros et restaus entre amis, à rire, boire et déconner.

Hier et ce matin, Violette et Deedee ont posté cette chanson. Je la partage à mon tour.


Je ne l'ai jamais autant dit que ces derniers jours. 

On ne leur dit jamais assez que sans eux sans elles, on ne serait même pas la moitié de nous même

Pour eux pour elles qui sont une partie de nous même, on va donc vivre et s'unir. Vous nous avez encore une fois touchés mais pas vaincus.

Prenez soin de vous et de vos proches. Je vous embrasse et à bientôt car il va falloir que je vous parle de Véronique.

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