20 avr. 2016

FASHION REVOLUTION DAY - LE 24 AVRIL (ET TOUTE L'ANNEE)

Depuis l'effondrement du Raza Plana, le 24 avril 2013, cette date malheureusement symbolique est devenue une journée de mobilisation lancée par le mouvement Fashion Revolution. Le principe est toujours le même et consiste à se prendre en photo avec un de nos vêtements, étiquette bien visible, et d'interpeller la marque avec le hastag #whomademyclothes. Je vous en ai déjà parlé en 2014 et 2015 et j'enfonce encore le clou, parce que l'on peut être acteur du changement.


Cette année, l'opération de sensibilisation a commencé en début de semaine. Si vous souhaitez en savoir plus sur le programme en France (enfin principalement à Paris), cliquez ICI. Entre conférences, marchés, rencontres, ateliers de DIY et de recyclage, il y a de quoi faire. L'idée, encore et toujours, étant de s'interroger sur nos actes d'achat et notre consommation et sur son impact environnemental et sociétal. Je ne cherche pas à donner des leçons, c'est juste que je me sens concernée par la question. 
Je vous entends marmonner elle est bien gentille mais que fait-elle concrètement ? Et vous avez raison. Pour avoir travailler quelques années dans l'univers de la mode et des créateurs, en avoir accompagné certains, sans compter la rédaction de ce blog, je suis consciente des différents enjeux et problématiques de cette industrie. Je n'ai pas attendu que des ateliers s'effondrent ou prennent feu, avec leur nombre de morts et de blessés, pour cesser tout achat dans les enseignes de fast fashion. Je ne vais pas les citer et je ne nie pas qu'elles proposent des produits tout à fait désirables à des prix... et c'est là tout le problème.

Pour vous donner un exemple, début avril, une créatrice qui travaille le crochet postait sur Facebook la photo d'une petite robe en crochet vendue au prix de 15 euros (elle n'a pas cité la marque mais il semble que ce soit chez le suédois). Quand on sait que le crochet ne peut pas être réaliser à la machine, je vous laisse imaginer combien ont été payé celles qui les ont fabriquées... Il est bien évident que ces ouvriers et ouvrières ont besoin que la sous-traitance continue à exister dans leur pays, mais pas au détriment de leur salaire, de leur santé et de leur sécurité, pour que l'on puisse s'acheter sans réfléchir des vêtements et accessoires à bas prix. Je n'ai pas la solution miracle mais un peu de mobilisation internationale pour faire bouger les lignes et sensibiliser consommateurs et marques, c'est déjà un bon début. 


Et moi dans tout ça ? Je vous dirais que rien de mieux qu'une baisse conséquente de ses revenus pour revoir son mode de consommation. Je crois que cette chemise, trouvée dans la Vestiboutique de la Croix Rouge Française à Gap cet après-midi, est le premier vêtement que je m'achète depuis plus d'un an, voire plus. Seconde main, économie solidaire, fabrication française (je ne l'ai pas fait exprès), c'est son imprimé en fait qui m'a séduite. Je ne sais pas qui l'a possédée et portée avant moi mais je vais lui donner une deuxième vie. 

Sinon, j'avoue que j'ai eu la chance de faire d'excellents achats de qualité à une époque où je pouvais. Et que l'on m'a aussi offert des vêtements ou des accessoires, que j'entretiens bien ma garde-robe et qu'elle me suffit. Je mentirais en disant que je ne regarde pas les vitrines et que je n'ai pas certaines envies. Mais n'ayant pas les moyens, la question est vite réglée. Du coup, j'ai déjà tricoté 3 pulls et acheté du tissus pour me faire une jupe. Cette sobriété un peu radicale a totalement bouleversé mon mode de consommation et je sais que son empreinte sera durable, même quand je serais à nouveau en mesure de dépenser pour le plaisir d'un beau vêtement ou d'un accessoire. 

Et vous, quel est votre rapport à la mode et à la consommation ? 


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