27 août 2016

ET SONIA RYKIEL S'EN EST ALLÉE...

Je sais, je n'ai pas été très active sur ce blog, la faute au potager et à la vie dans les Hautes Alpes.  Je suis néanmoins un peu active sur Facebook, où mon fil d'actualité a été envahi récemment par le pour ou contre l'interdiction du burkini. Déjà que le nom affublé à ce vêtement soit une contraction de la burka (qui rappelons-le est cette prison vestimentaire imposée par les talibans aux femmes afghanes) et du bikini (essai nucléaire des américains sur l'atoll de Bikini) me fait vomir, quand je lis dans les divers commentaires de femmes sur les divers articles traitants de la question, d'un droit à la pudeur... comment dire. De quoi parle-t-on ? Du fait que le corps féminin est impur et qu'il faille le cacher !!! J'ai partagé peu d'articles, mais celui-ci de Wassyla Tamzali qui dit très justement ce que dit aussi mon amie Abnousse Shalmani : "Si les femmes et les filles, en se voilant, croient se mettre à l’abri du désir des hommes, c’est le contraire qui se produit. La dissimulation des corps féminins a pour effet, d’augmenter les crimes et le harcèlement sexuels, d’exacerber la peur des femmes et la convoitise des hommes."

Et puis j'ai appris la disparition de Sonia Rykiel, ou sa libération après des années à subir l'évolution de la maladie de Parkinson. Et au delà de la tristesse pour sa famille, je me suis souvenue de ce qu'elle nous avait donné à nous, les femmes. 


Bizarrement ou pas, quand j'ai su que Sonia Rykiel avait lâché l'affaire, j'attendais l'article de Sophie Fontanel. Je savais qu'elle aurait les mots et la (re)connaissance pour dire exactement ce qu'était la mode et la femme Rykiel. D'autres on fait son hagiographie (pour ne pas parler des nécros qui sommeillent dans tous les magazines) mais qui peut mieux que Sophie Fontanel pouvait nous dire la gaîté, la féminité, l'irrévérence, la joie de vivre, celle de célébrer le corps féminin, de le mettre en valeur, de penser qu'une femme simplement vêtue d'un pantalon taille haute, seins nus et la clope au bec, était la tenue parfaite pour aller dans une soirée...


Elle a cette phrase que j'adore "cette femme Rykiel va forcément à un rendez-amoureux, quand bien même ce ne serait qu'avec elle-même.". "Quand bien même ce ne serait qu'avec elle-même"... On est loin, très loin, des femmes qui revendiquent des bouts de tissus pour cacher leur corps, alors qu'elles devraient en être fière. 

Je n'ai pas connu Sonia Rykiel, mais à une époque je fréquentais le café de Flore. Elle y avait sa table  au premier étage et je l'ai vu maintes fois venir déjeuner avec son amie et complice Régine Déforges, autre rousse flamboyante, et ses filles ou amies. Peut-être même les ai-je vu fumer quand cela était encore permis. Je ne lui ai jamais adressé la parole, je me contentais de les regarder et de les admirer.

Quand il a fallu trouver un cadeau pour les 60 ans de ma mère, on s'est creusé la tête avec mes frères et soeurs. Et puis j'ai lancé l'idée d'un vêtement qu'elle n'aurait jamais pensé acheter et j'ai suggéré Sonia Rykiel. On a opté pour un magnifique gilet, rayé évidemment, qu'elle porte toujours. Parce que c'est avec la maille qu'elle s'était lancée dans le business de la mode (comme Elsa Schiaparelli d'ailleurs), avec des vêtements gais et faciles à porter mettant en valeur les courbes féminines tout en les enveloppant.

So long Sonia. Je n'ai pas de solutions ni de réponses face à ces femmes qui se soumettent et qui dénient la beauté de leur corps, mais je sais ce que je vous dois et je ne l'oublierai jamais. 

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